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Travail musical dans une classe de Clis

par Nathalie Dubois , animatrice de l’Adem

A la demande de l’enseignant, je suis intervenue de novembre à juin (20 séances) dans une classe de Clis (classe d’intégration scolaire) dans une école élémentaire de Créteil. Ces classes accueillent de façon différenciée, dans certaines écoles élémentaires ou exceptionnellement maternelles, des élèves handicapés physiques, sensoriels ou mentaux .

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Dans le cas qui me concerne j’intervenais dans une Clis 1 (handicap mental), j’avais 5 enfants dont 4 sont atteints de troubles autistiques et 1 de dysphasie sévère. C'est-à-dire, qu’ils souffrent de troubles de la communication, aussi leur perception d’eux-mêmes et des autres en est altérée.
Au travers de la musique, nous avons essayé d’atténuer ces troubles.
Les séances se sont déroulées dans la salle de classe, en présence de l’enseignant et de son assistante. (Assistante de vie scolaire collective)
Tout d’abord il s’est agi d’établir une relation entre les enfants et moi-même.
J’avais déjà travaillé avec Monsieur Fabien Delouche, professeur des écoles spécialisé, aussi notre complicité a été plus facile.
Mon arrivée était préparée et annoncée, les « séances musique » étaient affichées sur le calendrier de la semaine et celui de la journée. Les enfants me guettaient depuis la fenêtre de leur classe…
Un espace pour la musique était délimité, avec tapis, coussin, lecteur CD. Nous nous déchaussions et nous regardions ce qu’il y avait dans mon sac ou bien les enfants m’accueillaient avec le travail qui avait été élaboré durant la semaine en rapport avec la séance précédente.
Plus encore que dans un autre contexte, la « ritualisation » du début de séance a été très importante.
Après 3 ou 4 séances un peu mouvementées, ayant perçu leur grand intérêt pour les histoires, j’ai essayé d’exploiter celui-ci. En effet, il n’était pas rare de devoir écouter 3 ou 4 fois de suite la même histoire, ou durant plusieurs séances consécutives. Ils avaient plaisir à reproduire les voix, les intonations ou les bruitages utilisés dans ces histoires. Nous avons donc essayé d’explorer les possibilités de notre voix, des instruments de percussion, en frappant sur des objets (chaises, radiateur, armoires…), en utilisant les bruits émis par différents papiers… dans le but de créer des ambiances sonores. C’est seulement ensuite que l’apprentissage de chansons a pu être envisagé.

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Chaque séance avait une suite dans la vie de la classe :
- Les chansons étaient ré- écoutées, les contes musicaux également,
- tout était prétexte à des apprentissages (lecture, art plastique, images/ mots…).
Les « séances musique » ne ponctuaient pas la vie de la classe qu’une fois par semaine mais elles ont vraiment fait partie d’un projet commun.L’intérêt et l’enthousiasme de ces enfants pour les livres d’une part et les bruitages, les sons d’autre part, et leur besoin de conserver à chaque séance un « souvenir » et de créer un lien entre chaque rencontre, nous ont amené à imaginer que nous pourrions créer ensemble un imagier sonore.
En faisant des recoupements entre les chansons que nous avions apprises et le travail fait dans la classe (sortie pédagogique à la ferme) trois thèmes nous apparurent évidents :

- la savane, (choisir une illustration sonore ?)
- la ferme (dessin des animaux)
- la ville (dessin de la ville : immeuble, voiture de pompiers, piétons)

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Il était alors devenu important de rassembler les différentes productions faites par les enfants pour faire apparaître leur véritable valeur. La fabrication d’un livre et d’un CD nous paraissait être un bon moyen pour valoriser et pour faire partager leur travail.

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Après ces 20 séances passées ensemble, nous avons pu, Monsieur Delouche, l’assistante de vie scolaire et moi-même, relever les nombreux progrès réalisés par ces enfants. Leurs acquisitions en furent le témoin:
- reconnaître et nommer les instruments,
- manipulation plus fine des instruments (maîtrise du geste et de son intensité),
- frapper, gratter, souffler sans se frapper soi même ou son voisin,
- une plus grande maîtrise de leur énergie,
- écoute de l’autre,
- faire ensemble…Lorsque nous avons présenté le livre-cd achevé aux enfants, une joie et une fierté immense étaient présentes et évidentes. Ils allaient pouvoir partager et communiquer ces moments de plaisir avec leur famille grâce à cet objet.Ce fût une expérience un peu dure parfois physiquement et psychologiquement mais tellement intéressante ! Il est difficile de ne pas s’attacher à ces enfants et de ne pas s’émerveiller de leurs progrès.

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